L'endroit était agréable et j'avais décidé de tenter l'expérience, d'autant plus que nous nous entendions bien, que nous avions le même feeling pour les soins et que nos compétences respectives étaient complémentaires. Et puis, je me sens comme chez moi à Londres, où j'avais déjà vécu un an lorsque les enfants étaient petits (leur père était Anglais) et cela me plaisait de me retrouver dans cette ville.

Mais voilà que, peu de temps avant mon arrivée, James, grand séducteur et qui aimait bien boire de temps en temps, avait rencontré une femme dans un bar, dotée de cinq planètes en Scorpion (si vous connaissez l'astrologie, vous comprendrez), et qu'il avait commencé une relation avec elle. Elle le poussait à boire, aimait beaucoup le sexe, et était fort jalouse de ma présence - ce que je n'ai compris que bien plus tard.

Je m'étais installée dans la chambre qu'il m'avait réservée, et je m'occupais comme je pouvais (j'avais mon ordi et des choses à écrire) en attendant qu'il refasse surface, car nous nous sommes peu vus les premiers jours. Il m'avait dit qu'il était occupé et qu'il me laissait m'installer et prendre mes repères... Les jours ont passé, je me sentais bien installée maintenant. Mais James sortait beaucoup, buvait beaucoup (et tout le reste) et s'occupait de son père et de leurs jardins respectifs quand il émergeait.

Heureusement qu'il y avait le jardin. C'était la fin de l'été et le temps était encore doux... Mais j'attendais que nous commencions à préparer le centre.

(Bref, j'ai posé le décor, et j'arrive à ce que je veux vous raconter, ce soir particulièrement).

Je devais rentrer de temps en temps à Genève où j'avais encore des obligations, mais quand je retournais à Londres, la situation n'avait pas changée et mon irritation allait croissant. Enfin si, elle avait changé: l'atmosphère était de plus en plus épaisse, pleine des ectoplasmes que James ramenait de ses tournées dans les endroits de nuit (il m'avait emmené une fois dans son restaurant préféré: une ancienne taverne située dans un bâtiment historique datant des Templiers. J'avais du sortir rapidement parce qu'il y avait trop de fantômes... Brrr. Un endroit terrible).

. . . .

Je perdais mon temps ici. Mes tentatives pour parler avec lui se soldaient par un échec. La personne qu'il fréquentait lui disait pire que pendre de moi en espérant me voir partir pour de bon, et ce pauvre James se laissait influencer, ce qui m'irritait encore davantage. Il devenait désagréable et se mettait en colère pour un rien. Quelle histoire! Mais dans quoi m'étais-je fourrée?!

Bref encore: un soir, alors que nous étions enfin prêts à travailler, son amie débarque avec une bouteille de vin, et rebelote: ils boivent, ils parlent (elle parlait toujours beaucoup et très fort - ce qui me stressait). Je bois un peu avec eux, mais je n'aurais pas du. Comme la conversation me barbe, je vais voir le père de James, passe un moment avec lui, et puis je vais marcher dans la nuit, pas contente du tout, en espérant qu'elle sera partie à mon retour.

Quand je reviens finalement, ils sont toujours dans la chambre de James, à boire et à parler fort. Puis je les entends descendre l'escalier et je le vois, son blouson de cuir sur le dos, prêt à partir avec elle. "Mais... tu t'en vas?!". Et lui de répondre avec un sourire gêné: "Tu me connais Mara...".

Et puis ils sont partis.

C'est alors qu'un monstre s'est déchaîné en moi! J'étais ivre de rage! Toutes les tensions des derniers jours, les rebuffades, le sentiment d'avoir gâché mon temps, la fin de notre amitié (qui n'allait pas survivre à cet ultime affront), la fatigue nerveuse, alliés au peu de vin que j'avais bu, tout cela a fait qu'à cet instant, je me suis sentie capable de TUER!!! Je me tordais littéralement de douleur, et l'idée m'a traversée l'esprit de tout casser dans la maison. J'essayais de reprendre le contrôle de moi-même, mais je n'avais qu'une envie: HURLER! Et c'est ce que j'ai fait pendant quelques secondes - dans un coussin quand même, pour ne pas alerter le voisinage...

Et puis, je me suis vue - mon esprit a vu.

Que ce n'était pas moi, que quelque chose était entré en moi, et que cette chose absorbait avec avidité la rage et la souffrance qui sortaient de mes corps....

Je ne voulais pas être ainsi, ce n'était pas moi, il fallait que...

Et c'est alors que je me suis souvenue de ces mots, que je dis souvent intérieurement lorsque je me sens submergée par des pensées parasites: "Je Choisis La Fréquence de l'Amour!" Je me suis concentrée sur ces mots et je les ai répétés, d'une voix tremblante d'abord, puis avec de plus en plus de fermeté, puis de toute ma force intérieure. Je rassemblais cette énergie désordonnée et fragmentée et tentais de la canaliser sur ce que je SAVAIS être la seule réalité. C'était une affirmation, une volonté de sortir de cet enfer intérieur, de chasser cette chose qui squattait mon aura, et de me reconnecter à l'Etre que je suis de toute éternité - et que nous sommes tou(te)s, sous les masques policés que nous portons...

Et le miracle s'est produit. Après un instant, 2 ou 3 minutes peut-être, tout a changé. La chose n'était plus là. Bling! Partie! Et une sérénité merveilleuse s'est installée en moi : une onde douce et chaleureuse, une joie profonde - et j'ai su à cet instant-là que, quel que soit l'état dans lequel on se trouvait, il suffisait de DECIDER de choisir l'Amour pour sortir de l'enfer...

Ce fut une expérience très enrichissante! :o)

. . . .

J'ai rangé un peu les lieux et ai allumé un bâton d'encens. Puis j'ai fait le tour de toutes les pièces de la maison en chantonnant, et j'ai chassé tranquillement les dernières présences qui n'avaient rien à faire ici. D'autres présences avaient commencé à s'installer et m'accompagnaient, et je me sentais beaucoup mieux avec celles-ci...

Paix vibrante sur vous et votre foyer,
qui que vous soyiez et où que vous soyiez...

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