Pas pu me rendormir. Les mains croisées sous la nuque, j'écoutais le silence de la nuit et contemplais tour à tour le ciel par la fenêtre, puis le plafond, puis ma chambre que j'avais fait toute propre hier... Atmosphère propice à la réflexion. D'où venait cette envie de pleurer, ce plexus noué, et cette contraction de mon corps émotionnel? La compréhension de ce phénomène est finalement venue, et je me suis levée...

Larmes et Corps émotionnel
De mon point de vue, il n'y a pas de "petite" ou de "grande" trahison. Il y a la trahison. Point. Donc, quand celle-ci me fut confirmée en début de matinée, j'ai pleuré tout mon saoûl, ce qui ne m'était pas arrivé depuis quelque temps déjà et qui m'a bien soulagée. (J'avais d'autres larmes en réserve pour d'autres raisons, et j'en ai profité! ;o). Je vous ai déjà dit, je crois, que j'appelle les larmes "Les Guérisseuses de l'Eau Salée"? Toutes ces petites perles de la Grande Mer jaillissent du corps émotionnel et entraînent les toxines du même nom (au féminin/pluriel) qui empoisonnent ce corps. Vu que l'élément du corps émotionnel est l'Eau (douce et salée), ceci est bien compréhensible.
Il est préférable de ne pas réprimer ses larmes. Accepter de pleurer est inconfortable parfois, parce qu'une partie de ce que l'on croit "soi" meurt, mais après, c'est comme une renaissance.

Prodigieux, le pouvoir des larmes.

La journée s'annonçait magnifique et, comme la ballade en montagne prévue n'allait pas se faire, j'ai pensé à mon vélo qui avait bien envie de sortir lui aussi. Comme je me sentais un peu vidée par ces émotions, je me suis relaxée cinq minutes en laissant jouer la musique d'Almine-tv, et... je me suis réveillée à 12h30 !
Mieux, j'étais - et j'avais faim! :o)

Plus tard, je suis partie en vélo. Où prendre l'Air et le Soleil aujourd'hui?... Bains des Pâquis? Pas question: d'abord, ils sont surpeuplés le dimanche, surtout quand il fait si beau. Ensuite, des anciens de là-bas ont voté pour le Musée et l'abattage des Tilleuls et Marroniers de Carl Vogt - ce qu'ils n'auraient pas fait s'ils avaient été sous leurs fenêtres! - et je n'ai aucune envie de les voir. Mes antennes déployées, j'ai roulé dans une direction, puis dans une autre, puis encore une autre... et suis finalement passée devant le port qui fait face au Jet d’eau de Genève, près de Baby-Plage. Peu de monde sur la digue de rochers. Parfait.

Lac et Retrouvailles
Je longe lentement la digue et trouve une roche suffisamment plate à mon goût, attache mon vélo, grimpe, m'installe, et inspecte les alentours. Il y a longtemps que je ne viens plus sur cette digue (une seule fois cette année). Ciel bleu-bleu-bleu, brise légère, Sylphes, chemtrails qui ne tiennent pas, Eau transparente, Col-Vert qui passe nonchalamment, suivi à quelque distance par un Cygne tout aussi nonchalant, des voiliers sur le Lac qui se traînent un peu, quelques personnes éparpillées sur la digue, un homme qui s'affaire sur son bateau, un groupe de trois personnes sur un autre bateau qui s'apprêtent à quitter le port... Tout est paisible, je me détends et laisse l'agitation des quais sortir de moi...

J'avais juste jeté un vague coup d'oeil à l'homme sur le bateau, mais quand il en descend et remonte sa passerelle, sa silhouette me rappelle celle d'un ami perdu de vue. Peu après, il passe devant moi. Il porte des lunettes de soleil et je ne suis pas certaine que ce soit lui, mais je l'appelle quand même par son prénom. Il se retourne aussitôt: c'est bien lui! Notre dernière rencontre remonte au moins à 15 ans! Retrouvailles, échanges, "Et toi? Raconte..." "Et toi? Raconte!..." jusqu'à ce qu'il doive y aller parce qu'il est attendu.
Si je m'étais installée quelques rochers plus loin, je ne l'aurais pas vu.

Réflexion
La vie est faite d'une succession de petits miracles et, quand elle m'oppresse (à part ce qui provient du champ morpho-génétique humain qui relie tout le Peuple de la Terre, et que je peux reconnaître), je cherche où je me suis trahie moi-même. La trahison extérieure reflète la trahison que l'on s'inflige à soi-même. Par exemple: accepter de rendre des services que l'on ne "sent" pas (ou plus) du tout de rendre, écouter des choses qui nous plombent et ne pas aussitôt quitter ou fermer ce qui provoque cette sensation (personne, groupe, émission, journal...), ne pas savoir dire "Stop, là, c'est bon, je me sens envahi(e)", etc... Juste parce que l'on éprouve de l'affection pour le genre humain en général, et pour une ou des personnes en particulier. Ce qui me rappelle tout-à-coup cette phrase, attribuée à Talleyrand par certains et à Voltaire par d'autres:
"Mon Dieu, protège-moi de mes amis, je me charge de mes ennemis!" ;o)

Ensuite...
J'ai lu un passage de Treize Leçons sur la Vie des Maîtres, de Baird Spalding (c'est la suite de La Vie des Maîtres, dont je vous ai déjà parlé), avant de me rendormir, au Soleil cette fois, l'esprit apaisé par la beauté simple et inspirante des mots que je venais de lire...

Plus tard: retour à la maison en zigzaguant à travers la foule compacte des quais, pour rentrer mon vélo et me changer. J'ai un rendez-vous important à 18h00 (mais de celui-ci, je ne peux parler) dans un autre endroit du canton, et il est déjà 17h45... J'ai finalement pris un taxi.
Bien plus tard: retour à la maison et consultation de mes mails. Parmi eux, un message de Marc qui a traduit un message d'Almine - que je poste sur un prochain billet.
Puis écriture de celui-ci.

Résumé
Ceci est un court résumé de quelques heures d'une seule journée dans une seule vie (sans même parler de toutes les autres pensées qui me sont venues à l'esprit - et dont chacune constitue un espace-temps à rallonges à elle seule).
Quand je songe à toutes les heures et les journées vécues simultanément dans des milliards d'existences rien que sur la planète Terre (sans même parler de toutes les pensées émises par ces existences), cela me donne le Vertige!

Bien à Vous,

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